Les trois vérités

Nichiren écrit dans La doctrine de Trois mille mondes en un instant de vie (GZ – 180) : « Pourquoi le Sûtra du Lotus surpasse-t-il les autres sûtras ? Parce qu’il contient La triple contemplation de l’unité [des trois vérités] et les trois mille mondes en un instant de vie. »


En déclarant que la présence conjointe de ces deux doctrines, dans le Sûtra du Lotus, établit la supériorité de celui-ci sur tous les sûtras, Nichiren affirme du même coup qu’elles sont parmi les plus importantes de la philosophie bouddhique. Pourtant, si la seconde nous est familière, la première est peu abordée dans la plupart des écoles issue de son enseignement. La principale raison de cette apparente rareté pourrait venir de ce que la triple contemplation de l’unité est, en même temps qu’une thèse basée sur l’unification des trois vérité (en’yu no santai), l’objet d’une pratique propre à l’école Tiantai et abandonnée par Nichiren. Il s’agit d’une méditation, exposée par Zhiyi dans la Grande concentration et intuition, dont le but est de percevoir l’unité fondamentale des trois vérités de la vacuité, l’existence temporaire et la voie du milieu en un seul moment de vie.
Avec l’établissement, par Nichiren, de la récitation de Nam myoho rengue kyo, cette pratique est donc devenue superflue ou, plutôt, elle est incluse dans cette pratique. Ce que celui-ci nous explique ainsi :
« Réciter daimoku – ou titre – du Sûtra du Lotus est pareil à la pratique de la méditation. Des ignorants peuvent trouver cela difficile à croire, mais le deuxième volume de la Grande concentration et intuition de Zhiyi a un passage « concernant la récitation et le silence », dans lequel le mot « récitation » se réfère à la récitation du Sûtra du Lotus et « silence » à la pratique de la méditation ou contemplation. Et encore une fois, dans le premier volume de la Doctrine des quatre enseignements, Zhiyi déclare : « Non seulement [des pratiques telles que la récitation ne sont] pas des efforts inutiles, mais encore, elles sont essentielles en permettant de saisir le principe impliqué. »
Si la triple contemplation de l’unité est une pratique qui ne correspond plus à notre époque, elle conserve pour nous un intérêt, celui de nous amener à considérer son objet que l’on peut traduire ainsi : les trois vérités, la triple vérité ou encore les trois réalités. Ce sont :
– la vérité de la vacuité (jap. kütai, chin. kongdi, du skt sunyata),
– la vérité de l’existence temporaire (jap. ketai, chin. jiadi, du skt samvrti)
– la vérité de la voie du milieu (jap. chutai, chin. zhongdi).
La triple vérité n’est pas, à proprement parler, un concept, une description du fonctionnement de la vie, de l’univers, du Dharma (1). Il s’agit plutôt de trois façons de percevoir la vérité ultime ou encore de trois points de vue différents sur une réalité globale.

La vérité de la vacuité

Elle s’appuie donc sur le principe de la vacuité (sunyata) qui établit que les phénomènes (êtres, dharmas (1), ce qui maintient sa propre identité) n’ont pas de nature propre, indépendante, absolue ou fixe. Ils ne tiennent pas leurs caractéristiques d’eux-mêmes, mais des relations qu’ils établissent entre eux. Nagarjuna déclare dans le Traité du Milieu : « Nous appelons vacuité ce qui apparaît en dépendance ».
Prenons pour exemple de cette relation, le corps humain. Nous savons aujourd’hui qu’il est composé d’environ 10 000 milliards de cellules, tandis qu’il abrite près de 100 000 milliards de bactéries et 3 000 milliards de virus ! Certains de ces micro-organismes se révèlent pathogènes, mais la plupart sont bénéfiques et même indispensables à la vie. Ils interviennent dans le processus de la digestion et représentent une barrière à d’autres germes agressifs et jouent aussi des rôles bien plus subtils et inattendus : on a pu constater chez les souris, que l’introduction ou la disparition de certaines bactéries dans le système digestif modifiait fortement l’humeur et le comportement.
La science nous dit-elle si un être complexe peut exister indépendamment des organismes invisibles qu’il abrite ? Oui, en laboratoire, dans un temps limité et pour de rares espèces. Et encore, le protocole se révèle-t-il d’une mise en œuvre considérable en terme de moyens. En conséquence, dans un tel contexte, l’interdépendance existe toujours pour le sujet, elle se déplace de ses rapports avec ce qu’il renferme en lui, à ceux qu’il entretient avec ce qui l’entoure, en l’occurrence un environnement puissamment médicalisé et artificiel.
La relation d’interdépendance fait que toute chose dépend des autres pour exister. Elle ne peut être dissociée de son environnement. Dans ce sens, cette chose est sans substance propre, d’une nature non-absolue, ce qui entraîne nécessairement l’inexistence de l’ego et d’une âme éternelle (skt. anatman). Ce point de vue s’oppose ainsi à la notion d’âme de l’hindouisme (skt. atman) telle qu’elle existait avant l’apparition du bouddhisme.
L’absence d’une âme éternelle pourrait faire de la vacuité un concept nihiliste. Cependant, comme nous le verrons plus loin, cette vérité est liée à celles de l’existence temporaire et la voie du milieu, ce qui en change totalement la portée.
La vérité de la vacuité consiste donc à considérer les phénomènes, les vies qui nous entourent, non comme des entités propres, autonomes, mais à travers les échangent qu’elles établissent les unes avec les autres.

La vérité de l’existence temporaire

Elle est également traduite par temporalité, caractère provisoire. Elle implique que les phénomènes qui se manifestent à nos sens et notre esprit possèdent une réalité temporaire, changeante à travers le flux du temps, en constante évolution. Ne possédant pas de nature invariable ou absolue, ils ne sont perceptibles que sous leur apparence momentanée. Cette vérité est liée au concept de l’impermanence (jap. mujo, skt. anitya).
Autant la littérature bouddhique sur le concept de la vacuité est vaste, de Nagarjuna à nos jours, autant la vérité de l’existence temporaire est peu commentée. Ce qui est naturel pour une réalité que tout un chacun peut constater. Tout vieillit, tout est éphémère et changeant autour de nous ; il suffit de feuilleter un vieil album de famille pour le comprendre. Le bébé souriant et la personne âgée au visage creusé par les épreuves du temps qu’une photo peut nous montrer ont été une même personne. Qu’y a-t-il de commun entre eux, à part les informations génétiques ? L’esprit ? Celui presque vierge du nouveau né et, plus tard, rempli de souvenirs, d’expériences, de traumas, de réflexes acquis du vieillard ? Le corps ? À son aspect, non, bien-sûr. Pour aller plus loin dans le domaine matériel, la biologie nous apprend que les cellules qui composent le corps humain sont entièrement renouvelées plusieurs fois au cours de son existence ou meurent sans être remplacées. Ces photos représentent donc deux fois l’apparence momentanée d’une réalité temporaire changeante.

La vérité de la voie du milieu

Dans le point de vue des trois vérités, celle de la voie du milieu dépasse le rôle médian, celui de voie qui ne pencherait vers aucun extrême, rôle qu’elle a pu avoir dans certains enseignements provisoires du bouddhisme. Elle implique que la vraie nature des phénomènes est à la fois vacuité et existence temporaire et, en même temps, ni l’un ni l’autre de ces concepts. Ces deux aspects sont des composantes de la vérité mystique qui présente les qualités des deux mais n’est, essentiellement, ni l’un ni l’autre. Elle est l’essence des choses qui se perpétuent dans un état manifeste et dans un état latent.
Pour définir ces trois vérités schématiquement, nous pouvons dire que la vérité de la vacuité est l’aspect de la réalité qui peut être perçu par les auditeurs et les bouddhas-pour-soi (personnes dans les états d’études et d’éveil personnel), la vérité de l’existence temporaire est celle que perçoivent les bodhisattvas qui doivent plonger dans cette réalité pour sauver les autres (état de bodhisattva) et les personnes ordinaires (c’est pourquoi, celle-ci nous est plus accessible, elle se fonde sur les apparences), enfin, la vérité de la voie du milieu est celle que perçoit le bouddha (état de bouddha). De même que les dix états sont inclus dans les dix états, chacune de ces vérités contient en même temps les deux autres et elles-mêmes. Pourquoi le bouddhisme prétend cela ? Parce qu’aucune de ces trois vérités ne vient mettre en cause l’existence des deux autres. 
Un phénomène naturel nous permet d’illustrer le point de vue de la triple vérité, il s’agit de celui de la houle. Lorsque nous observons les vagues sur la mer, nos sens nous font percevoir un mouvement, un déplacement physique d’eau en surface. Ce déplacement physique peut d’ailleurs, lors des tempêtes, constituer une force destructrice considérable, capable d’engloutir des navires. On ne peut donc nier que la vague manifeste une existence physique, de nature temporaire – et en constant mouvement, puisqu’il est impossible de la figer.
Si, maintenant, nous étudions de plus près ce phénomène, nous constatons que le déplacement de la vague n’est qu’une illusion. Contrairement à ce qu’il se passe avec les courants marins, les molécules d’eau qui la composent provisoirement n’avancent pas ou peu avec elle, elles subissent les effets d’une onde qui va les soulever et les faire redescendre. C’est la succession, la propagation, de ces mouvements – les ondes – qui va donner l’illusion du déplacement. Si l’on pose un objet flottant à la surface de l’eau, il ne suivra pas la direction des vagues, il ne se déplacera pas comme s’il était sous l’influence d’un courant, il semblera faire du sur place. On peut donc dire que les vagues sont sans substance propre, elles sont un phénomène qui se propage de molécule d’eau en molécule d’eau. Mieux, une vague n’apparaît jamais comme un phénomène isolé à la surface d’une mer plate, mais dans un ensemble interdépendant de creux et de crêtes, la houle.
Les vagues présentent donc bien à la fois les deux aspects de l’existence temporaire et de la vacuité et, en même temps, elles sont autre chose, que l’on peut décrire comme un phénomène matériel, énergétique et ondulatoire, ce qui nous ramène à la vérité de la voie du milieu. Il ne s’agit là, bien sûr, que d’une image à partir d’un processus « non-vivant » et purement physique.
Plus haut, nous avons abordé l’inclusion mutuelle des trois vérités. Il s’agit plus exactement de l’unification des trois vérités (jap. enyu no santai) qui consiste à dire que chacune des trois vérités contient en elle les trois. Ainsi, les phénomènes sans existence propre assument-ils une réalité temporaire, les phénomènes qui ont une réalité temporaire sont sans existence propre, cependant leur vraie nature est à la fois ainsi et pas ainsi. Zhiyi a développé cette vue philosophique à partir de la triple vérité et l’a incluse dans la pratique centrale de son école, la triple contemplation de l’unité (isshin sankan), méthode de méditation définie dans la Grande concentration et intuition, qui permet de percevoir l’unité fondamentale des trois vérités en un seul moment de vie. Avec cette méditation, Zhiyi disait une personne capable de se débarrasser des trois catégories d’illusions (illusions de la pensée et du désir, illusions aussi nombreuses que les grains de sable, illusions sur la véritable nature de la vie) et d’acquérir les trois sortes de sagesses en un seul esprit (isshin sanshi) : une personne, par la perception de la vérité de la vacuité, obtient la sagesse des deux véhicules, par la perception de la vérité de l’existence temporaire elle acquiert la sagesse des bodhisattvas et par la perception de la vérité de la voie du milieu elle obtient la sagesse de bouddha.
Selon Nichiren, l’enseignement de Tiantai, énonçant qu’une personne élimine simultanément les trois types d’illusions par la perception des trois vérités parfaitement intégrées en un seul moment de vie signifie qu’en récitant Nam myoho renge kyo, elle manifeste la bouddhéité dans sa vie. Elle parvient à l’état dans lequel illusions et désirs terrestres se changent en éveil (bonnô soku bodai), transformant les trois catégories d’illusions en les trois sortes de sagesse.
Il écrit dans La doctrine de trois mille mondes en un instant de vie (GZ – 180) :

« Ces doctrines de trois mille mondes en un instant de vie et de la triple contemplation de l’unité sont basées sur les dix modalités, énumérées dans le premier volume du Sûtra du Lotus, dans le passage au cœur duquel sont traités les cent états et mille mondes, et les 3 000 mondes.
En ce qui concerne la triple contemplation de l’unité, les autres écoles du bouddhisme donnent pour équivalent au mot nyoze, le terme d’ainsité, ou ainsi est, mais c’est une erreur, parce qu’il n’est pas tenu compte des deux principes de vacuité et d’existence temporaire. Elles font cette erreur parce qu’elles ne comprennent pas l’interprétation énoncée par Zhiyi et Huisi.
Dans notre école, nous suivons l’interprétation exposée dans les commentaires de Zhiyi, qui donne trois lectures à chacune des dix modalités. Les lire trois fois peut produire de grands bénéfices…
…Ces trois lectures représentent les trois corps du Bouddha, corps du Dharma, corps de la rétribution et corps manifesté, les trois vérités de vacuité, d’existence temporaire et de Voie du Milieu, et les trois vertus propriété du Dharma, de la sagesse et de l’émancipation. »
Ce texte nous permet de comprendre la raison pour laquelle, lors de gongyo, nous récitons trois fois le passage des final du chapitre Hoben (Cho-i cho-o…). Les trois lectures des dix modalités se font selon les trois points de vue de la triple vérité.
Ces trois vérités, contenues implicitement dans le Sûtra du Lotus, selon Nichiren, sont l’expression de ces concepts fondamentaux du bouddhisme en Inde : la vacuité, l’impermanence (skt. anitya), le non-soi (skt. anatman) et la voie du milieu. Elles apparaissent également liées à d’autres concepts dans de nombreux sûtras et font l’objet d’interprétations différentes selon les écoles bouddhiques. À ce sujet, Nichiren nous explique dans Ainsi ai-je entendu (GZ – 108) :
« Ceux qui entendent les titres des Sûtras de la Sagesse s’éveillent aux trois enseignements : toute chose est vacuité en elle-même (2), la vérité du milieu est indépendante de la vacuité et de l’existence temporaire (3) et la vérité du milieu est indéfectiblement unie à la vacuité et à l’existence temporaire (4). Ceux qui entendent le titre du Sûtra de la guirlande de fleurs perçoivent l’un ou l’autre des deux derniers enseignements dont je viens de vous parler.
Ceux qui entendent les titres du Sûtra Mahavairochana, des Sûtras Vaipulya et de La sagesse comprennent que toute chose, à l’analyse, se révèle sans substance (5) ou que toute chose est la vacuité en elle-même (2) ; que la vacuité est indépendante de la vérité du milieu et de l’existence temporaire (6) ou que la vacuité est inséparable de la vérité du milieu et de l’existence temporaire (7) ; que la vérité du milieu est indépendante de la vacuité et de l’existence temporaire (3) ou qu’elle est inséparablement unie à elles deux (4). Cependant, ceux qui écoutent les titres de ces sûtras des enseignements provisoires ne sont pas en mesure de s’éveiller au bienfait de l’illumination parfaite provenant des enseignements de l’inclusion mutuelle des dix états, des cent états et milles facteurs, et des trois mille mondes.»

Les origines des trois vérités

On peut rapprocher le concept des trois vérités de celui des deux réalités (jap. nitai, skt.dvasatya) communes au Theravada et au Mahayana : la réalité absolue (Jap. shogitai, skt paramarthasatya), nature essentielle des phénomènes perçue par les êtres éveillés, et la réalité relative (jap. zokutai, skt samvrtisatya), qui représente la réalité phénoménale provisoire perçue par les êtres ordinaires. La réalité absolue possède des similitudes avec la vérité de la voie du milieu, la réalité relative avec celui de vérité de l’existence temporaire, toutefois l’une comme de l’autre contiennent des aspects de la vacuité.
Historiquement, la voie du milieu (jap. chudo, skt madhyamapratipad) est d’abord présentée comme voie médiane entre l’hédonisme et l’ascèse. Dans le Sûtra de la Mise en route de la roue de la Loi, le tout premier enseignement du Bouddha Shakyamuni à Benares, celui-ci déclare : « Ô moines, voici deux extrêmes qui ne doivent pas être cultivés par un religieux errant. Lesquels ? D’une part, à l’endroit des désirs, l’attachement aux plaisirs qui se rapporte aux désirs… D’autre part l’attachement à la macération de soi-même, douloureuse, indigne et sans profit. Voici, ô moines, également éloigné de ces deux extrêmes, le chemin du milieu découvert par le Tathâgata ».

Plus tard, la voie du milieu prend un sens médian entre nihilisme et éternalisme ou entre l’existence et l’inexistence du soi. Avec Nagarjuna et l’école Madhyamika, elle semble équivoque, se confondant avec la vacuité. C’est ce que Zhiyi cherchera à clarifier en établissant une voie du milieu non plus médiane, mais englobant les deux autres vérités et étant englobée par elle. Les trois s’interpénètrent en devenant réalité ultime. Ainsi, peut-on dire qu’elles sont chacune un reflet de cette réalité ultime, du Dharma.
L’école Tiantai a classifié de très nombreux concepts du bouddhisme indien à partir des trois points de vue de la triple vérité. En voici quelques exemples :
– Non-dualité de la vie et de son environnement (esho funi) et non-dualité de soi et des autres (jita funi), dans laquelle soi désigne le Bouddha et « les autres » les simples mortels, par les relations d’interdépendance de la vérité de la vacuité..
– Non-dualité du corps et de l’esprit (shikishin funi).
Voici ce qu’en dit Nichiren dans Sur les dix modalités (Junyoze ji – GZ 179) : « En premier lieu, en ce qui concerne l’apparence, il s’agit de l’apparence qui se manifeste par la forme et le contour de notre corps. Ce qui correspond au corps manifesté de l’Ainsi-venu ainsi qu’à l’émancipation et à la vérité de l’existence temporaire. Ensuite, en ce qui concerne la nature, il s’agit de la nature de notre esprit. Ce qui correspond au corps de récompense de l’Ainsi-venu, ainsi qu’à la sagesse et à la vérité de la vacuité. La troisième modalité est l’entité, laquelle représente les entités de nos propres vies. Ce qui correspond au corps du Dharma de l’Ainsi-venu, ainsi qu’à la vérité de la Voie du Milieu, à la nature essentielle des phénomènes et la tranquille extinction. »
– Non-dualité de l’intérieur et de l’extérieur (jap. naige funi). Celle-ci signifie que l’esprit et le monde phénoménal sont mutuellement inclusifs en vertu des principes d’ichinen sanzen et de l’unification des trois vérités.
– L’identité des désirs et de l’illumination (jap. bonno soku bodai). L’identité des souffrances à travers vies et morts et du nirvana (jap. shoju soku nehan). Ainsi que l’explique Nichiren dans L’entité de la loi merveilleuse : « Essentiellement, l’entité de Myoho renge kyo désigne le corps physique que les disciples et adeptes de Nichiren qui croient dans le Sûtra du Lotus ont reçu de leurs père et mère à la naissance. Ces personnes, qui, en rejetant sincèrement les moyens provisoires, ont uniquement foi dans le Sûtra du Lotus et récitent Nam myoho renge kyo, transformeront les trois voies (désirs terrestres, karma et souffrance) en trois vertus (corps du Dharma, corps de la sagesse et corps de l’émancipation). La triple contemplation de l’unité et les trois vérités deviendront immédiatement manifestes dans leur esprit, et le lieu où elles résident se changera en Terre de la lumière éternellement paisible. Le Bouddha, entité de Myoho renge kyo du chapitre Juryô de l’enseignement essentiel, à la fois sujet habitant et domaine habité, vie et environnement, corps et esprit, entité et fonction, le Bouddha éternellement doté des trois corps, désigne les disciples et les adeptes de Nichiren. Ils incarnent la véritable entité de Myoho renge kyo ; tel est le bienfait du Sûtra du Lotus, libérant l’intégralité des pouvoirs transcendantaux qu’ils possèdent de manière inhérente. Il n’y a pas le moindre doute à cet égard. En vérité, il ne faut jamais en douter ! »
Enfin, ces trois vérités sont représentée devant le Gohonzon par les trois offrandes de la bougie, du feuillage et de l’encens.
Vous trouverez dans le tableau en en-tête de la page la plupart des termes et principes qui découlent des trois vérités.

Notes :

1 – Les dharmas sont définis comme tous les phénomènes qui composent le Dharma (jap. Ho, Loi bouddhique). Les trois vérités s’appliquent donc à tous les phénomènes de l’univers : la vie, les être sensitifs et non sensitifs, le Dharma lui-même et jusqu’à l’univers tout entier.
Principaux points de divergence (ou de convergence) entre différentes écoles de l’époque de Nichiren :
2- taiku : toute chose naissant d’une production conditionnée est en elle-même sans substance (ku) (enseignement commun, tsugyo, enseignement du Mahayana provisoire destiné aux disciples des trois véhicules : shravakas, pratyekabuddhas, boddhisattvas)
3 – tanchu : dans l’enseignement spécifique, bekkyo, la voie du milieu (chudo) est une réalité distincte de la vacuité (ku) et de l’existence temporaire (ke).
4 – futanchu : l’enseignement parfait, engyo, établit la relation d’implication réciproque entre la réalité ultime et tous les phénomènes, ainsi que l’unification des trois vérité.
5 – shakku : un point de vue qui soutient que les phénomènes sont sans substance mais composés d’éléments qui existent en eux-mêmes. C’est le contraire du point de vue taiku énoncé plus haut selon lequel toute chose est en elle-même non substantielle. Les enseignements de cette catégorie furent exposés principalement dans les enseignements des Trois corbeilles (Tripitaka), ensemble des sûtras, commentaires et règles canoniques qui servent de base aux écoles du Hinayana.
6 – tanku : un principe exposé également dans l’enseignement Tripitaka (zokyo) qui soutient que la vacuité est la seule réalité et exclut toute autre explication de la réalité par la voie du milieu ou l’existence temporaire. Principe des écoles du « Rien-que-Conscience » tel le Cittamatra fondé par Vasubandhu et son frère Asanga au IVe siècle.
7 – futanku : un point de vue exposé dans l’enseignement commun (tsugyo) selon lequel tout est essentiellement sans substance mais manifeste néanmoins une réalité temporaire (ke), ou aspect phénoménal.

 

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